PILES ET RESISTANCES

 

 
 
SOMMAIRE

 

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PILE AU BICHROMATE

Boîte de résistances

Boîte à pont

PONT A CORDE OU PONT A FIL

SHUNTS POUR GALVANOMETRE

RHEOSTATS A PLOTS

 

 

 

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OBJET : eld 1 - 1                                                                                

 

PILE AU BICHROMATE

 

FONCTION

 

Générateur électrochimique de force électromotrice égale à 2 volts.

 

DESCRIPTION ET PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT

 

L'électrolyte, solution aqueuse de « bichromate de potassium » ( ) et d'acide sulfurique ( ), est contenu dans une bouteille de verre. Un bouchon isolant porte les bornes de cuivre, pôles de la pile. Deux lames bornes de charbon de cornue, solidaires du bouchon, reliées à l'une des bornes, plongent dans l'électrolyte lorsque le bouchon est en place. Elles constituent la borne + de la pile. La borne négative est constituée par une plaque de zinc qui peut être fixée sur une tige traversant le bouchon. En relevant la tige on peut retirer la plaque de zinc de l'électrolyte pour lui éviter d'être attaquée lorsque la pile n'est pas utilisée. Inversement la pile est mise en ordre de marche en abaissant la tige, donc par immersion de la lame de zinc entre les lames de charbon.

 

COMPLEMENTS

 

1. Le gaz de ville était produit autrefois dans des « usines à gaz » par distillation « en vase clos » de la houille (charbon) dans des cornues. Les parois de celles-ci se recouvraient de carbone dur (semblable au graphite) appelé « charbon de cornue » dont on faisait des électrodes.

2. La pile pourrait fonctionner théoriquement sans bichromate. La réaction électrochimique serait :

            sur le graphite(+)  :       

            sur le zinc (-)  :              

            soit globalement  :        

 

la pile au bichromate

 

L'hydrogène produit à la surface des électrodes de graphite « polarise la pile », c'est à dire modifie sa structure et accroît considérablement sa résistance entraînant une forte chute de l'intensité du courant, donc de l'énergie électrique produite. Pour éviter cet inconvénient on utilise un « dépolarisant », un oxydant qui peut être du bioxyde de manganèse dans le cas ou la pile  Leclanché ou du bichromate de potassium pour la pile décrite ci-dessus. La réaction chimique mise en jeu est alors la suivante  :

sur le graphique (+)  :   

sur l'électrode de zinc (-)  :        

soit globalement  :                   

           

Il n'y a plus cette fois de produit gazeux polarisant. La réaction peut se produire utilement par échanges d'électrons d'une électrode à l'autre à travers le circuit d'utilisation. Mais les deux demi-réactions ci-dessus peuvent se produire également, toutes les deux, au niveau de l'électrode de zinc par échange direct d'électrons ; l'électrode de zinc est alors rongée inutilement, sans production d'énergie électrique, c'est pourquoi il faut la retirer. Il est superflu d'ajouter que cette pile n'est plus utilisée.

 

HISTOIRE

 

La pile au bichromate est due à Poggendorff, physicien allemand (1842). La première pile fut inventée par Alexandre Volta (1745-1827) en 1800 ; c’était un empilement alterné de rondelles de cuivre (+) et de zinc (-) séparées par des rondelles de drap imprégnées d’eau acidulée. la pile à auges de Cruikshank, les piles de W. Wollaston, de Münk ... sont de même type (couple Cu-Zn).

Antoine César Becquerel (1788-1878), polytechnicien, grand père de Jean Becquerel découvreur de la radioactivité (notice « div 6 ») a découvert la cause (polarisation) du mauvais fonctionnement de ces piles. Un oxydant peut servir de « dépolarisant ».

Yohann Christian Poggendorff (1796-1877) utilise en 1842 le bichromate de potassium comme dépolarisant et met au point la pile que décrit cette notice. Poggendorff est connu pour sa mesure des petits angles par l’emploi d’un petit miroir concave (amplification par levier optique), méthode employée pour les galvanomètres, magnétomètres, balances ... il est aussi l’auteur de la méthode d’opposition pour la mesure des forces électromotrices ; il étudia la résistance des matériaux, essaya une pile thermoélectrique fer-maillechort etc ...

En 1877 l’ingénieur français Georges Leclanché (1839-1882) réalise la pile utilisant le couple carbone (+) / zinc (-) avec le chlorure d’ammonium comme électrolyte et le bioxyde de manganèse comme dépolarisant. Perfectionnée par Fery, cette pile devient une « pile sèche ».

Une autre solution au problème de la polarisation est la pile impolarisable, réversible, à deux liquides. C’est ce principe que le physicien anglais John-Frédéric Daniell (1790-1845) met en œuvre en 1836 dans la pile qui porte son nom :

électrode Cu / solution Cu2+ / solution Zn2+ / électrode Zn

Daniell est aussi l’inventeur de l’hygromètre à condensation (notice « flu 4 - 2 »). La pile Bunsen (1842) est aussi une pile à deux liquides (Zn/H2SO4/HNO3/C).

 

 


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OBJET : eld 1 - 2                                                                                 

 

Boîte de résistances

 

Boîte de résistances

 

FONCTION

 

Introduite dans un circuit ou dans un réseau elle constitue une portion de circuit de résistance connue et choisie, de capacité et d'auto-inductance négligeables.

 

DESCRIPTION ET FONCTIONNEMENT

 

Une boîte en bois, fermée par un couvercle d'ébonite (isolant de bonne qualité, très utilisé à l'époque ) contient des bobines de fil résistant  que l'on associera en série. Le fil utilisé est un alliage de cuivre (82 %) de nickel (13 %) et de manganèse (15 %). Cet alliage, appelé manganine, est choisi parce que sa résistivité, relativement élevée, varie peu avec la température. Cependant la résistance affichée correspond à une température (18,5°C) indiquée sur la boite. Le fil est replié sur lui-même avant d'être enroulé sur un cylindre isolant (figure 1) afin de réduire l'auto-inductance. Les extrémités du fil d'une bobine traversent le couvercle et sont au contact de gros plots de cuivre.

 

les résistances bobinées (fig 1)

 

Les plots ... P1 P2 P3 ... associent les bobines ... B1, B2 ... en série. Toutefois quand une cheville telle que C est enfoncée entre 2 plots (P2 ,P3 ) elle introduit en parallèle avec B2  une résistance très faible (de l'ordre de  0,1 ohm). La résistance équivalente est alors du même ordre et sera négligée dans les conditions d'emploi. Enfoncer une cheville revient dont à supprimer du circuit la résistance correspondante.

On peut prévoir en série, des résistances telles que 1, 2, 2, 5, 10, 20, 20, 50,  100, 200, 200, 500 et 1000 Ohms permettant de réaliser toutes les valeurs comprises entre 0 et 2 110 Ohms. Cette réalisation présente un inconvénient (si l'on recherche une grande précision) : elle fait varier le nombre des chevilles qui introduisent des résistances parasites.

           

la boîte à décades (fig 2)

 

Dans le montage de la figure 2, on fait intervenir 4 décades ; une seule cheville introduit un nombre de résistances égal au nombre en regard duquel on a enfoncé la cheville (exemple de la figure : 3 ohms, 0 dizaine, 7 centaines, 4 milliers, soit 4703  ). Pour qu'il en soit ainsi, les bobines sont reliées aux plots comme l'indique la figure 1.

 

Conditions d'utilisation  :

 

Pour éviter tout échauffement (modifiant les résistances, et éventuellement destructeur), il faut limiter l'intensité du courant et son temps de passage. Capacité et auto-inductances ne seront négligeables qu'en courant continu ou en très basses fréquences.

Pour la mesure de très faibles résistances,  les résistances des clés et plots ne seront plus négligeables.

 

HISTOIRE

 

Il semble que ce soit George Simon Ohm, physicien allemand (1789-1854) qui ait, le premier défini avec précision le concept de résistance et celui de résistivité en découvrant, en 1827, la loi fondamentale qui port son nom.


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OBJET : eld 1 - 3                                                                                

Boîte à pont

 

FONCTION

 

Sert à la mesure de résistances par la méthode dite du pont de Wheatstone.

 

DESCRIPTION ET FONCTIONNEMENT

 

 

 

Mesure

 

Considérons le schéma de principe  (figure 1) : x est la résistance à mesurer, R une résistance connue avec précision, r1 et r2 deux résistances dont il suffit de connaître le rapport. Le courant s'annule  dans le galvanomètre lorsque la condition :  est réalisée. En fait R variant par bonds de un Ohm, on détermine les valeurs R1 et  R2 = R1 + 1 telles que, passant

de l'une à l'autre, le courant s'inverse dans le galvanomètre.

Supposons d'abord r1 = r2 ; on peut dire  que x est compris entre R1 et R2 l'incertitude étant inférieure  à un ohm.

Réalisons maintenant le rapport . Le courant s’annule pour R = 10 x On détermine alors les valeurs  telles que le courant s’inverse en passant de à . On peut dire que x est compris entre .

L’incertitude est alors inférieure à 0,1 Ohm.

Enfin, en adoptant le rapport  , on obtiendra x compris entre  , avec  avec une incertitude est inférieure à 0,01 ohm.

On ne peut  guère utiliser de rapports inférieurs à 1/100, qui révéleraient une insuffisante sensibilité du galvanomètre ou les imperfections de la boîte de résistances (par exemple : déviation différente pour R = 10 ou pour R = 1 + 2 + 2 + 5). Mais on peut affiner la mesure  : soit  la déviation (en valeur absolue) du galvanomètre pour  et  la déviation (en valeur absolue) pour  , on peut admettre l'approximation linéaire  : 

   

permettant le calcul de x.

            Un rapport   supérieur à 1 (10, 100, 1000) permet la mesure d'une résistance supérieure à la valeur maximale de R fournie par la boite.

 

Description

 

            La boite à couvercle d'ébonite (fig. 2) intègre la résistance R construite comme la boite de résistances décrite dans la fiche correspondante (voir objet « eld 1 - 2 »), les résistances r1 et r2 , les interrupteurs I1 et I2 placés dans la diagonale de la pile et dans celle du galvanomètre ainsi que des connections internes représentées en pointillés. Dans le schéma de la fig.2 les larges plots de cuivre sont représentés par des traits interrompus par de petits cercles qui représentent les emplacements  possibles pour les chevilles. Les flèches indiquent comment doivent se faire les connections extérieures  : pile entre A et B galvanomètre entre C et D, résistance à mesurer entre A et C. Les notations des figures 1 et 2 sont les mêmes.

 

HISTOIRE

 

Sir Charles Wheatstone (Glowcester 1802 – Paris 1815) inventa « le pont » qui porte son nom en 1844.

 

 

Commis chez un marchand d’instruments de musique il fit (1823) des expériences d’acoustique concernant la résonance dans une colonne d’air, la transmission du son par les solides. Il inventa une machine parlante en 1831 et fut nommé professeur au King’s Collège de Londres en 1834. La même année, expériences sur : la « vitesse de l’électricité » en 1837 ; nouvelles expériences sur le son, invention du « kaléidoscope optique » en 1838 ; stéréoscope (perfectionné ultérieurement par Brewster. Le 1er février 1838, il prit un brevet sur le télégraphe à cadran (notice « eld 3 - 3 »). En 1840, premiers essais de télégraphie par câble sous-marin.

Autre inventions :  « télégraphe écrivant », « pseudoscope » (stéréoscope dans lequel on intervertit la place des deux images, ce qui fait apparaître en creux ce qui est en relief et vice et versa), un photomètre, le rhéostat.

Il a écrit « Physiologie de la vision » (1852), « Microscopie binoculaire » (1853), « Progression arithmétique » (1854-1855), « Télégraphe automatique » (1859).

La boite à pont porte la marque « Carpentier ». Jules Carpentier (1851-1921), ingénieur français construisit de nombreux appareils de mesure de haute précision. Il réalisa les premiers périscopes et les premiers appareils de cinéma conçus par les frères Lumière.

 

 

 


 

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OBJET : eld 1 - 4                                                                                   

 

PONT A CORDE OU PONT A FIL

FONCTION

           

            Appareil pour la mesure d'une résistance par la méthode du Pont de Wheatstone.

DESCRIPTION ET FONCTIONNEMENT

 

 

 

La figure 1 donne le schéma de principe. x  est la résistance à mesurer, R une résistance connue avec précision, fournie par une boîte à résistance (voir objet « eld 1 - 2 »). C représente  un contact mobile (curseur) se déplaçant sur un fil métallique tendu BCD homogène et de section constante.

Les résistances r1 et r2 sont respectivement  proportionnelles aux longueurs l de BC et L-l de CD (L est la longueur fixe totale). Le courant dans le galvanomètre G  s'annule lorsqu'est vérifiée la relation :

 

La figure 2, moins schématique, représente la réalisation pratique. Une planche isolante porte des barres de cuivres de dimensions suffisantes pour constituer, lorsqu'elles sont traversées par des courants faibles, des volumes équipotentiels, dont chacun est représenté par un point sur la figure 1.

Plusieurs bornes peuvent correspondre à un  même « nœud »  (au sens donné à ce mot dans les lois de Kirchhoff) afin de faciliter les connections avec les appareils extérieurs (résistance à mesurer, boîte de résistances, galvanomètre, générateur).

Dans des conditions normales l'incertitude porte essentiellement sur la position du curseur C (incertitude sur l). Un calcul d'erreurs montre que la précision est maximale pour l voisin de L/2  soit  pour R voisin de x. On fera donc une première mesure, cette condition n'étant pas réalisée (x inconnu), puis on fera une seconde mesure en prenant, pour R la valeur la plus voisine de la valeur obtenue pour x dans la première mesure. Les précautions à prendre sont les mêmes  que pour l'utilisation de la boîte à pont.

 

HISTOIRE

 

 se reporter à la fiche « eld 1 - 3 » (Boîte à Pont)

 


 

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OBJET : eld 1 - 5                                                          

 

SHUNTS POUR GALVANOMETRE

 

 

FONCTION

 

Ne laisser passer dans le galvanomètre qu'une fraction connue du courant à mesurer.

 

DESCRIPTION ET FONCTIONNEMENT

 

Cet objet est construit avec des résistances calibrées reliées à des plots que l'on peut mettre en contact à l'aide d'une cheville comme pour une boite de résistance (notice « eld 1 - 2 »). Si g et s sont respectivement les résistances du galvanomètre et du shunt, le courant dans le galvanomètre sera le dixième, le centième, le millième du courant à mesurer (ou à détecter) si s vaut la fraction  (marquée sur  la boite) de la résistance g du galvanomètre.

 

HISTOIRE

 

La boite porte la marque des ateliers Carpentier. Jules Carpentier (1851-1921), ingénieur français construisit de nombreux appareils de mesure de précision. Il réalisa les premiers périscopes et les premiers appareils de cinéma conçus par les frères Lumière.


 

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OBJET : eld 1 - 6                          

 

RHEOSTATS A PLOTS

 

(du grec : rhéos, courant et du latin stare, rester immobile)

 

 

FONCTION

 

Introduire dans un circuit une résistance variable à volonté.

 

DESCRIPTION ET FONCTIONNEMENT

 

            La figure 1 montre comment  la manette tournant dans le sens horaire  introduit de plus en plus de résistances boudinées (sur support isolant) dans le circuit. Pour simplifier, nous avons réduit à 10 le nombre de plots (nos rhéostats en comportent 30). Dans le cas figuré les résistances numérotées 1, 2, 3, 4, 5, 6, et 7 sont introduites en série dans le circuit, la  résistance 8 est court-circuitée, et les résistances 9 et 10 sont hors circuit.

 

figure 1 : le rhéostat à plots

 

            Les résistances sont contenues dans une boite aérée (pour évacuer la chaleur produite par effet Joule), plots et manette sont situés en avant sur une plaque de marbre.

 

HISTOIRE

 

            Ces rhéostats muraux étaient dans les anciens « amphis » et servaient au contrôle du courant utilisé dans les expériences de cours, notamment pour l'utilisation des arcs électriques.

            L'invention du rhéostat est attribuée à Wheatstone (Sir Charles 1802-1875), dont on pourra lire la biographie dans les notices « aco 4 » et « eld 1 - 3 ». on trouve dans le petit traité de physique de Jamin (1870), pages 348 et 349, la description suivante du rhéostat de Wheatstone :

            « Sur une table de bois sont placés, horizontalement et parallèlement un cylindre de cuivre C et une vis de bois ou de verre G dont le pas est de 1 mm. tous deux ont un diamètre égal et peuvent tourner autour de leurs axes dans le même sens et de la même quantité. Le mouvement est donné au cylindre C par une manivelle P et se transmet à la vis D par deux roues d’engrenages égales, m et n reliées par un pignon O. Un fil métallique bien homogène et très fin est enroulé de D en C sur le métal, de G en H dans les sillons de la vis ; et le nombre de tours total se mesure par une règle divisée EF et les fractions de tour sont appréciées par le mouvement d’une aiguille qui parcourt un cercle fixe aa. »

             On aura compris que le cylindre de cuivre court-circuite les spires de D à C et que la résistance de l’ensemble est celle des spires de G à H en nombre variable. Le fonctionnement du rhéostat repose sur la loi d'Ohm.

            George Ohm (1789-1854), physicien allemand établit cette loi en 1827 après avoir précisé les grandeurs électrodynamiques ; il définit avec précision les concepts de résistance et de résistivité.

            Claude Pouillet (1790-1868) redécouvrit le loi d'Ohm en 1834 (voir notices « mec 2 - 1 » et « eld 2 - 4 »).

 

figure 2 : le rhéostat à manivelle

 

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