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à la mémoire de Louis ZIVY professeur de physique et chimie (1919 - 1938) déporté mort pour la France le
10 octobre 1943 |
En lettres d’or, sur plaque de marbre figure le texte suivant :
Cette plaque était scellée au mur d’une salle de cours dans laquelle Louis Zivy avait dû enseigner.
Elle fut récupérée lors de la démolition des anciens locaux puis scellée ultérieurement sur un mur de la salle du musée.
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Texte
de Pierre PROVOST |
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Représente une ancienne salle.
Cette très vaste salle servait aux travaux pratiques de Chimie (classes du secondaire).
Cette salle occupait l’emplacement où se trouve actullement le musée, la « physique C » et le fond de la « collection », en bordure de l’impasse Chartière. Vers les années 1959 - 1960, Monsieur Bertrand étant responsable du laboratoire de physique et chimie, cette salle fut divisée et transformée en deux salles dites de « TP - cours » (cours professoral interrompu par des expériences faites par les élèves).
Tout le niveau était consacré à la chimie. La galerie actuelle n’existait pas. Par contre une galerie, maintenant supprimée, et qui serait parallèle au couloir, servait à la recherche des cations métalliques par l’hydrogène sulfuré.
La collection de physique actuelle n’existait pas, il y avait à la place une grande cheminée en briques surmontant la chaufferie située en sous-sol (actuellement salle de travaux pratiques de physique).
Le chauffeur, portugais, Monsieur Placido, se plaignait de notre production d’hydrogène sulfuré sur la galerie qui surplombait la cour où se trouvait la chaufferie (la cheminée aspirait notre H2S). Monsieur Placido supprimait les fuites de vapeur par les trous des radiateurs en bouchant ceux-ci avec des allumettes ! Les deux salles de « TP-cours » disparurent à l’occasion des remaniements des années 1977 - 1978.
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Texte
de Pierre PROVOST |
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Représente une salle de cours d’avant 1977.
Photographie en couleurs, prise peu avant la démolition. Cette salle résulte d’une extension antérieure des locaux, elle est donc moins ancienne que d’autres dont nous n’avons pas pris de photographies, ce dont nous nous sentons coupables. Nous étions alors plus soucieux de rénovation que de conservation !
Avec Monsieur Bertrand d’abord (voir « div 2 »), puis lui ayant succédé ensuite (depuis 1960), l’auteur de ces lignes, ses collègues, ses collaborateurs ont agi pour obtenir la rénovation de locaux et d’équipements vétustes. Monsieur Noël, grand prix de Rome, qui avait en charge le lycée Louis le Grand, voulut bien examiner les plans que nous avions conçus. Son décès remit tout en cause.
Monsieur Noël, fils, lui succéda. Il sut nous écouter, prendre en compte les nécessités techniques propres à nos laboratoires et à nos salles spécialisées, et c’est au cours de nombreuses réunions, tant au lycée que dans ses bureaux, rue Falguière, que les plans furent élaborés.
La rénovation ne devait concerner, au départ que nos locaux, mais nous fûmes une locomotive que dépassèrent les wagons (création d’un self-service, etc ... ). Bref, il fallut attendre 1977 pour que commencent démolition et reconstruction, et les années 80 pour que tout fonctionne normalement.
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Texte
de Pierre PROVOST |
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Equipaient les anciennes salles de cours, avant 1977.
Robustes, munies d’orifices pour encriers, ces tables étaient vissées sur les lames des planchers. Les chaises non moins robustes étaient peu confortables. Les tables sont couvertes de graffitis. Nous en avons sauvé deux de la casse, l’une porte l’inscription « le Ben ». Il s’agit d’un professeur de mathématiques réputé, contemporain de l’auteur de ces lignes, M. Benmerah.
Ce matériel était indestructible, nous ne savons pas depuis quand il existe mais nous l’avons vu en fonction, sans usure, pendant vingt ans. Mais que de fonds de culotte y furent usés !
Nous avons aussi conservé quatre luminaires. Nettoyés et remis en place dans le musée, ces luminaires, peut-être aussi vieux que les tables et les chaises, paraissent modernes. Ce sont eux que commande l’interrupteur de la porte gauche en entrant : deux à chaque extrémité de la salle.
De belles armoires des anciennes collections ont été également sauvées, on peut les voir dans les salles actuelles, avec la même fonction.
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Texte
de Pierre PROVOST |
Représente Pierre et Marie Curie dans leur laboratoire de la rue Lhomond (Paris 5ème)
Marie Sklodowska née à Varsovie en 1867, vint à Paris en 1891 pour y poursuivre des études à la Sorbonne. Elle vit avec sa soeur et son beau-frère Casimir Dluski, médecin. Elle obtient sa licence en 1893.
Elle rencontre Pierre Curie chez un physicien polonais de Paris. Il avait 35 ans (8 ans de plus qu'elle) ; c'était déjà un physicien connu. Avec son frère Jacques, en 1880, il avait fait de très importantes études sur la piézoélectricité. Il avait, à cette occasion, mis au point un électromètre très sensible qui servit ultérieurement dans l'étude de la radioactivité. Il conçut aussi une balance apériodique (« mes 3 - 2 ») dont il céda le brevet à la Société Centrale de produits chimiques (1888). De 1883 à 1885 il publia des notes sur la symétrie. En 1891, ses réflexions sur la symétrie le conduisent à l'étude des propriétés magnétiques de diverses substances et à leur variation avec la température. Il découvre la transition ferromagnétisme-paramagnétisme (point de Curie). Cependant, n'étant sorti, ni de l'Ecole Normale Supérieure, ni de l’Ecole Polytechnique, il n'eut que tardivement les postes universitaires qu'il méritait. Quand il rencontra Marie (1894) il était, depuis dix ans, chef de travaux à l'Ecole Municipale de Physique et Chimie Industrielle de Paris. Il devait encore le rester pendant cinq années.
Cependant, ses découvertes avaient été remarquées par Lord Kelvin qui visita son labo et lui demanda de lui envoyer un de ses électromètres. Peu après sa rencontre avec Marie, il publie « Sur la symétrie dans les phénomènes physiques, symétries d'un champ électrique et d'un champ magnétique » (bulletin de la société physique).
Pierre et Marie se marièrent en 1895 à la mairie de Sceaux où habitaient les parents de Pierre (son père était médecin). Il furent tout au long de leur vie des fervents de randonnées à bicyclette.
En janvier 1895, pour améliorer ses ressources et financer ses travaux Pierre accepta d'être conseiller technique d'une société optique qui lui offre 100 F. par mois, plus 20% de droits sur un objectif photo de son invention. Marie commence à travailler sur le magnétisme dans les locaux de l’Ecole de physique et chimie (mais à ses frais), elle publie un mémoire sur ce sujet en 1897. Cette même année (le 12 septembre) elle met au monde Irène qui deviendra elle aussi une grande savante.
En février 1896 H. Becquerel et peu après Silvanus P. Thomson découvrirent, indépendamment, l'action d'un sel d'uranium sur une plaque photographique à travers l'enveloppe protectrice ; Pierre et Marie décidèrent que la radioactivité ferait un bon sujet de thèse pour Marie. Aucune femme à fortiori, mère d'un jeune enfant, ne faisait, à l'époque, de thèse de Doctorat.
Le Directeur de l'Ecole de Physique Schützenberger ("papa Schütz") permit à Pierre et Marie d'utiliser une petite pièce vitrée, humide, qui servait de réserve et de salle des machines. Pierre et Marie s'aperçurent que la pechblende présentait une radioactivité supérieure à ce que laissait prévoir la teneur en uranium. Marie montra que la radioactivité était un phénomène purement atomique (nous dirions nucléaire) et que, par conséquent, le surcroît de radioactivité était dû à un autre élément radioactif. Pierre se joignit à elle pour sa recherche. Ils travaillèrent sur des tonnes de pechblende.
En isolant le Bismuth ils obtinrent un échantillon 300 fois plus actif. La radioactivité était mesurée à l'aide de l'électromètre de Pierre. L'élément qui suivait le bismuth Bi dans la séparation fut appelé Polonium (Po). Cependant le liquide résiduel (débarrassé de la fraction Bi+Po) qui contenait du baryum, était radioactif. Au début de décembre 1898 Pierre écrivait dans leurs carnets : « donc sulfate de Ra(radium) plus soluble dans H2SO4 que BaSO4 ». L'hypothèse du radium fut prouvée, dans leur laboratoire, par Eugène Demarçay qui réalisa un spectre d'étincelles montrant des raies spectrales nouvelles : celles du radium Ra. Ce résultat fut publié par Pierre et Marie Curie, et Demarçay le 26 décembre 1898.
Pour isoler le radium, il fallait beaucoup plus
de pechblende dont on avait extrait l'uranium à l'usine de St-Joachimstal (Bohème)
; ces résidus livrés, au début de 1899, étaient bien radioactifs.
Pierre et Marie obtinrent difficilement l'octroi d'un hangar abandonné, mais le
gros travail de séparations chimiques devait s'effectuer dans la cour, comme
Ostwald, qui leur rendit visite, put le constater. La Société de produits
chimiques leur offrit ses installations. Ils furent aidés par Demarçay (suivi
spectrométrique), Gustave Bémont qui travailla pendant 45 ans à « physique
et chimie » (son écriture apparaît dans les carnets le 5 mai 1898), et
Petit, un assistant dévoué. Grâce à Henri Poincaré, Pierre Curie obtint
enfin une chaire de physique à la Sorbonne et Marie fut chargée de conférences
à l'Ecole Normale de Sèvres. Paul Langevin, ancien élève de Pierre lui succéda
à « Physique - Chimie ». André Debierne (1874-1949) et G. Sagnac
se joignirent à Pierre et Marie Curie. Enfin le 28 mars 1902, Marie porta un échantillon
de chlorure de radium à Eugène Demarçay
: l'échantillon était presque pur ! Ce jour-là Marie Curie écrit
: Ra = 225,93.
Le 25 juin 1903, la thèse était achevée, imprimée. Les membres du Jury étaient Lippmann, Bouty, Moissan. Marie obtint la mention très honorable. Grâce aux dons généreux que firent les Curie, le rayonnement put être étudié. Pierre étudia l'action d'un champ magnétique sur le rayonnement, la chaleur produite (100 calories par gramme et par heure). Le prix Nobel de Physique de 1903 fut attribué à Pierre et Marie Curie et à Becquerel.
Tous travaillèrent dans un mépris total du danger : Pierre mit sur son bras un échantillon de sels de radium enveloppé de feuilles de gutta-percha pendant dix heures. Quelques jours plus tard, une tache rouge douloureuse dégénérant en plaie apparut. Ils respirèrent du radon sans le savoir (celui-ci, Rn fut identifié par l'allemand Ernest Dorn).
L'année universitaire 1904-1905 vit la création d'une chaire pour Pierre avec une équipe de recherche, et un poste de chef de travaux pour Marie ; ils purent quitter leur laboratoire de la rue Lhomond. L'année 1905 naquit Eve Curie.
Sur l'insistance d'Eleuthère Mascart, Pierre accepta, non sans réticences, de se présenter à l'Académie des Sciences où il fut élu avec une marge étroite de 8 voix. (Dans une tentative antérieure on préféra Branly à Marie Curie).
Pierre mourut écrasé le 19 avril 1906 ; Marie âgée de 38 ans lui succéda dans la chaire de physique à la Sorbonne, ce fut la première femme professeur à la Sorbonne! Lord Kelvin (vieillissant !) prétendit dans le « Times » du 9 août 1905 que le prétendu radium était un assemblage de plomb et d'hélium, Marie Curie s'astreignit à obtenir l'élément pur ; quatre ans après, elle obtint le métal et détermina son point de fusion (700°C). Elle participa à la définition de l'étalon de radioactivité (le Curie) déposé en 1911 au pavillon de Breteuil. Le prix Nobel de chimie lui fut attribué en 1911.
Pendant la guerre 1914-1918 Marie et sa fille Irène créèrent et animèrent des équipes de radiologie sur le front. Pour obtenir le don d'un gramme de radium à son laboratoire, elle accepta un voyage - qui fut triomphal - aux U.S.A., organisé par la journaliste Marie Mattingley Meloney, dite Missy, qui devint son amie.
Marie était atteinte de cataracte des deux yeux (certainement due aux rayonnements subis). Les dangers du radium commençaient à être soupçonnés : en 1924 un dentiste de New York constata que des ouvrières qui peignaient les chiffres lumineux des cadrans avec une peinture contenant du sel de radium et qui suçaient leurs pinceaux (pour les appointer) étaient atteintes de cancers de la mâchoire. Mais Marie sous-estimait ces dangers.
La santé de Marie s'altéra. Elle vécut avec ses filles et continua à s'occuper de son laboratoire. Irène soutint une thèse de doctorat sur le rayonnement a du polonium en mars 1925 et se fiança la même année avec Frédéric Joliot, ancien élève de Paul Langevin et assistant de Marie Curie.
Marie mourut en 1934 à Sancellenoz près de Sallanches. Si elle avait vécu un an de plus elle se serait réjouie du prix Nobel de physique attribué à Irène et Frédéric Joliot-Curie pour leur découverte de la radioactivité artificielle.
Bibliographie :
· « Madame Curie » par sa fille Eve Curie, (éditions Gallimard 1938)
· « Marie Curie derrière la légende » par Robert Reid, (éditions du Seuil, traduit de l'anglais par M.F. de Palomera 1979).
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Texte
de Pierre PROVOST |
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Capitaine aviateur Honoré de Laurenty Tholozan Tombé pour la France le 5 mai 1916 Ancien élève du lycée Louis-le-Grand |
Plaque en cuivre finement gravée, fixée sur bois.
Porte l'inscription :
Cette plaque dont personne au lycée ne se souvient de l'avoir vue a été trouvée par Monsieur Poret, aide principal de laboratoire dans un tiroir de la collection en janvier 1995.
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Texte
de Pierre PROVOST |